CHAMPIN Jean-Jacques

Jean-Jacques Champin, né à Sceaux le 7 septembre 1796, mort à Paris le 25 février 1860, est peintre à l'aquarelle et lithographe.

Jean-Jacques Champin est né dans une maison située 2, rue du Petit Chemin (aujourd’hui rue des Ecoles), dont le jardin donne sur la rue Houdan. Il est issu d’une famille bourgeoise, son grand-père était lieutenant de baillage et de la baronnie de Sceaux. Son père, écuyer fourrier du logis du Roi, sera maire de Sceaux. Egalement graveur, il établira vers 1785 avec Cicille le plan des jardins de Sceaux-Penthièvre. C’est lui qui donna à son fils le goût des arts, de la précision et de la minutie. Marié en premières noces à Céleste Biolay, qui lui donne trois enfants : Antoine, Amélie et Adèle, Jean-Jacques Champin vit d’abord quelque temps en Bourgogne, en raison des problèmes de santé de son épouse. Puis le couple s’installe à Paris, en 1815. Très vite, Champin s’adonne à la lithographie, technique encore récente inventée par Senefelder en 1798 et vulgarisée par Engelmann. Sa première œuvre voit le jour en 1816 : L’Eglise de Sceaux et l’entrée du parc de Trévise. Il fut l'élève de Storelli et de Régnier, et se consacre essentiellement aux paysages historiques. En liaison avec Régnier, il a produit les «Habitations des personnages les plus célèbres depuis 1790 jusqu'a nos jours ». Il a également lithographié une série de vues du Vieux Paris. Mais Champin ne s’en tient pas aux vues de Paris. A la mort de Céleste (1835), il fonde un atelier rue des Pyramides, à Paris. Deux ans plus tard, il épouse Elisa Pitet, élève de Redouté, également originaire de Sceaux, qui donne naissance en 1840 à une petite Marie. Le couple se rend à Sceaux chaque fin de semaine. Lié à la famille de Trévise, propriétaire du domaine de Sceaux, il vit avec peu d’argent mais reçoit la brillante société : David d’Angers (qui exécutera un médaillon de Champin en 1850, coll. Musée de l’Ile-de-France), Régnier, Ransonnette, les frères Johannot... Jean-Jacques Champin se plait à dessiner dans toute notre banlieue ; à Sceaux, « Le Pavillon de l'Aurore » (lith. au Musée de l'Ile-de-France) ainsi que le « Pavillon gothique des Trévise» (sépia) ; à Fontenay-aux-Roses, « Le Jardin Billard » (mine de plomb) ; à Arcueil, à Massy, à Meudon, à Clamart, «Le Moulin de pierres» (aquarelle au Musée de l'Ile-de-France). Toujours à la recherche de sites pittoresques, Champin profite de l’extension du chemin de fer pour voyager dans toute la France : Compiègne, Fontainebleau, Bourgogne (1824), Isère (Chartreuse, 1824, 1838), Pyrénées (1825), Savoie, Auvergne, Alpes, Orléanais (Méréville), Bretagne, Anjou, Alsace... Il arpente également la Suisse, l’Italie ou encore l’Amérique du Sud (en 1853-1854, il illustre le récit de l’expédition faite dans les parties centrales de l’Amérique du Sud par l’explorateur Francis de Castelnau). Alliant à son désir de se perfectionner celui d’élever les autres et d’enseigner son art aux amateurs, il réalise dès 1839 des albums de voyage et prend une part active au lancement des guides, ainsi que des stations thermales, dont il fait la promotion indirecte dans les revues familiales pour lesquelles il devient illustrateur : le Magasin pittoresque, L’Illustration et La Mode. Laissant derrière lui un précieux témoignage de la vie dans la première moitié du XIXe siècle, Champin meurt à Paris en 1860.

Outre les œuvres conservées à la Maison de Chateaubriand, on peut signaler également que le Musée de l’Ile-de-France (Sceaux) conserve dans ses collections une soixantaine d’œuvres de Champin, parmi lesquelles ont peut citer : Maison de Chateaubriand (estampe), L’ancienne gare de Sceaux et l’église (sépia, vers 1850), L’aboutissement de la ligne de Six à Denfert Rochereau (sépia, vers 1850), Kiosque dans le parc de Sceaux (crayon, gouache et sépia), Le Temple dans le parc de Méréville (sépia), Le parc Trévise à Sceaux (lavis de bistre sur papier).