EPF Ecole d’ingénieurs

Autre dénomination : Ecole polytechnique féminine
Date de construction : 1920-1992
Adresse : 3 bis rue Lakanal
Destination : pavillon, école féminine d’ingénieurs
 

Naissance, itinérance et reconnaissance d’une institution 

Créée en 1925 sous le nom d’Institut électromécanique féminin par Marie-Louise Paris (1889-1969), l’école ne dispose de ses propres locaux à Sceaux qu’en 1956.

De sa création au milieu des années 1950, l’école compte des promotions d’étudiantes relativement restreintes qui permettent à la fondatrice d’emprunter successivement pour les cours les locaux du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) puis des lycées parisiens La Fontaine, Jules Ferry et Janson de Sailly. Les travaux pratiques nécessaires à la formation d’ingénieur sont quant à eux organisés à l’Ecole Centrale et à l’Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique.

Malgré ces difficultés d’espace, qui s’ajoutent aux difficultés financières régulières, Marie-Louise Paris parvient à former avec son école la majorité des femmes ingénieurs jusque dans les années 1950. Elle leur permet d’accéder à des emplois variés au sein de bureaux d’études et de laboratoires et d’exercer dans les domaines de l’électronique, la télécommunication, la physique nucléaire, l’automatisation, les études spatiales, le service d’ingénierie, la documentation technico-commercial, le secrétariat technique et les machines à traiter l’information.

La polyvalence croissante de l’enseignement toujours à la pointe des innovations techniques entraîne un changement de nom de l’Institut électromécanique féminin qui devient Ecole polytechnique féminine en 1933. L’école obtient par ailleurs l’habilitation à décerner le titre d’ingénieur en 1938, puis est reconnue par l’Etat en 1943. 

L’emménagement à Sceaux

Après plusieurs années d’errance, un des frères de Marie-Louise Paris, René, trouve une villa à acquérir à Sceaux pour accueillir l’école. Cette villa située rue Lakanal, a été construite dans les années 1930 par les architectes DPLG Henri Quarez et Gustave Lapostolle pour un entrepreneur dénommé Claude Carbonnel. Après le décès de ce dernier en 1949, sa femme met en vente la maison et s’installe rue Michel Voisin. 

La villa date de la deuxième moitié des années 1930. En effet, Gustave Lapostolle et Henri Quarez furent associés entre 1936 et 1942, et l’esthétique de la maison, notamment les éléments sculptés sur la façade sud-est, appartiennent au style Art Déco. La bâtisse, en briques et toiture complexe, rappelle par ailleurs les spacieuses maisons de villégiature néo-régionalistes de la région parisienne. 

Après l’acquisition de cette villa par Marie-Louise Paris, elle y installe les services de l’administration  de l’EPF ainsi que son propre domicile : le premier étage est réservé à la directrice fondatrice, tandis que les greniers et sous-sol servent aux travaux pratiques et le rez-de-chaussée à l’accueil et à la gestion administrative. À cela s’ajoutent bientôt deux amphithéâtres, deux laboratoires d’électronique et un centre de calcul construits en 1967 au nord-ouest de la maison. Entre-temps, en 1961, des travaux ont aussi été effectués selon les dessins de l’architecte Fanny Jolly pour donner à l’école une clôture arborant le logo de l’EPF, composé d’un écrou traversé d’une hirondelle. 

Les annexes

La notoriété grandissante de l’école, sa stabilisation à Sceaux et l’augmentation globale du nombre de femmes dans l’enseignement secondaire et supérieur engendrent une progression des effectifs à l’EPF et de nouveaux problèmes d’espace. Par ailleurs, l’école doit veiller à faire coïncider ces contraintes numériques aux conditions d’enseignement fixées par la Commission des Titres pour ne pas risquer de perdre son habilitation à dispenser le titre d’ingénieur et envisager d’allonger la durée du cursus à cinq ans. 

Pour résoudre le problème, plusieurs solutions sont envisagées. La première est celle de la délocalisation à Limoges. Dans un contexte politique de décentralisation, l’EPF est encouragée à intégrer des locaux neufs dans cette ville. Cependant, le coût du déménagement et le tissu industriel lacunaire de Limoges, sans compter le peu d’engouement des élèves à quitter Sceaux, sont finalement des freins rédhibitoires à la migration de l’école. De la même manière, la délocalisation imaginée au milieu des années 1980 dans une ville nouvelle, comme Cergy Pontoise, sera abandonnée en raison des coûts et des alternatives trouvées.

En effet, la ville de Sceaux, qui souhaite conserver son caractère universitaire et aider l’EPF, propose à cette dernière de louer une partie des salles du groupe scolaire du Petit Chambord situé 2-8 allée de Trévise. En 1981, la municipalité met donc à disposition une dizaine de salles et un préau qui sert d’amphithéâtre au niveau du rez-de-chaussée et du premier étage du bâtiment principal. La nouvelle surface disponible représente 1045 m2.

Dès 1984, cette annexe n’a plus une capacité d’accueil suffisante, et un local préfabriqué de plain pied est construit dans la cour du Petit Chambord pour aménager 280 m2 de bureaux. Tout juste achevé, le nouvel aménagement n’est déjà plus satisfaisant, et de nouveaux projets d’expansion voient le jour, sur le site historique cette fois-ci. En octobre 1986, une demande de permis de construire est déposée pour édifier un bâtiment R+2 rue Lakanal. Ce projet porté par le cabinet ETRA Architecture, consistait en la démolition des anciens préfabriqués devenus vétustes, soit 784 m2, et la reconstruction au même emplacement d’un bâtiment d’une emprise de 581 m2. La surface au sol diminue donc de 203 m2 pour une surface totale créée avec les différents niveaux de 1283 m2. L’organisation interne de ce nouvel édifice est simple et rationnel : deux amphithéâtres sonorisés au rez-de-chaussée, six salles de classe de 50 élèves au premier étage et au deuxième étage dédié à l’information, une salle de classe, deux laboratoires de travaux pratiques, deux laboratoires de recherche et bureaux individuels. Ce nouvel ensemble composé de façades à double peau métallique et ossature béton acier est bâti en six mois en 1987. La municipalité facilita sa création en procédant à des adaptations mineures du Plan d’Occupation des Sols (POS) au vu de l’augmentation parallèle de la surface des espaces verts et des places de stationnement.

Pourtant, dix ans plus tard, l’insuffisance de locaux resurgit à nouveau. En juin 1997, l’EPF envisage d’augmenter sa capacité d’accueil sur le site du Petit Chambord en substituant un préfabriqué de deux étages à celui qui existe déjà dans la cour. Cette option est rapidement écartée du fait de la double opposition venant des riverains et du personnel du groupe scolaire : les premiers craignent le manque croissant des places de parking et les seconds la disparition progressive de l’école au profit du développement de l’EPF. La municipalité cherche donc une solution nouvelle et suggère à l’EPF d’acquérir une ancienne école secondaire privée située au 46 rue du Lycée. À cette ancienne école s’ajoute bientôt l’achat d’un pavillon voisin portant la nouvelle surface disponible à 1116 m2. C’est la naissance du site Poincaré qui sera ouvert aux élèves en 1999 et le départ du Petit Chambord. La spécificité de ce nouveau site est qu’il a été rénové par les architectes Pertas et Vilette dans le style architectural du quartier.  

La dernière annexe acquise par l’EPF a été la Villa Lycée en 2003, pavillon voisin du site historique rue Lakanal. Désormais relié au reste du site par les jardins, elle abrite aujourd’hui une salle des professeurs, les associations étudiantes ainsi qu’une bibliothèque en rez-de-chaussée.

L’Ecole aujourd’hui

Bien des changements ont eu lieu depuis la naissance de l’école en 1925 : croissance des effectifs, installation à Sceaux, diversification des enseignements, allongement du cursus, locaux toujours plus nombreux atteignant aujourd’hui 6800 m2. Reconnue fondation d’utilité publique en 1991, elle reste très attachée au territoire de la ville de Sceaux et propose à ses élèves un campus en ville. Sa fonction initiale, définie dans les années 1920, n’a désormais plus court : l’Ecole Polytechnique Féminine est devenue mixte en 1994, malgré certaines oppositions. Elle porte depuis cette date le nom d’EPF école d’ingénieurs. Elle accueille cependant encore aujourd’hui plus d’étudiantes que dans les autres écoles d’ingénieurs.  

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