Le duc et la duchesse de Trévise

Napoléon Mortier de Trévise, marquis de Trévise puis en 1835 2e duc de Trévise, né à Issy-les-Moulineaux le 6 août 1804, mort au château de Sceaux le 29 décembre 1869, est pair de France, sénateur en 1853 et chambellan de Napoléon III. Il est le fils d'Adolphe Edouard Casimir Joseph Mortier (1768-1835), maréchal de France, 1er duc de Trévise, et de la duchesse née Eva Himmes (1779-1855), 


Anne-Marie Lecomte-Stuart, duchesse de Trévise, née au château de Vincennes le 13 mai 1808, morte au château de Sceaux le 7 juin 1870, est la fille de Jean-François Hippolyte Lecomte, négociant affairiste, enrichi dans le commerce du vin, proche de Fouché et propriétaire du château de Sceaux. 

A sceaux

Reconstruction du château et du parc de Sceaux

Confisqué comme bien national en 1793, le Directoire met en vente le domaine en 1798 et Jean-François Hippolyte Lecomte en fait l’acquisition. Il souhaite tirer profit de son acquisition et transforme le parc en terres agricoles. Vers 1803, il détruit le château pour en vendre les matériaux.

Lecomte meurt en 1819, laissant deux enfants mineurs. Sceaux reste en indivision jusqu’en 1829, date à laquelle les biens furent partagés par tirage au sort. La terre de Sceaux est attribuée à Anne-Marie Lecomte qui vient d’épouser Napoléon Mortier de Trévise.

Le duc et la duchesse font construire à l'emplacement du château de Colbert, le château de style Louis XIII en brique et pierre que l'on peut voir aujourd'hui. Les travaux sont dirigés par l'architecte Joseph-Michel Le Soufaché entre 1856 et 1862, d'après les projets de l'architecte Auguste Théophile Quantinet. Le parc est soigneusement replanté sur les tracés de Le Nôtre. Ils reprennent à l’agriculture toutes les parties centrales, recreusent l’octogone, le petit canal, le grand canal, recréent les bassins et refont parvenir dans toutes ces pièces d’eau par de nouvelles conduites souterraines, les gerbes et effets d’eau qu’on pouvait admirer autrefois. 

Fêtes et divertissements au domaine de Sceaux

Sous le Second Empire, le domaine est le théâtre de fêtes brillantes jusqu’à la mort du duc, en 1869. La duchesse ne lui survécut que deux semaines.

Occupation du domaine

En 1870, le domaine est occupé par les troupes bavaroises qui saccagent le village de Sceaux. La partie est de l’Orangerie est détruite par un obus, le château et le pavillon de l’Aurore sont saccagés. 

Restauration du domaine

La propriété reste en indivision quelques années puis Hippolyte Mortier de Trévise, marquis de Trévise rachète leurs parts à ses frères et sœurs et continue à entretenir et restaurer le domaine jusqu'à sa mort en 1892. Sceaux devient alors la propriété de sa fille, la princesse Léonie de Cystria-Faucigny-Lucinge. Celle-ci se désintéresse du domaine dont sa mère garde l'usufruit.

Achat du domaine par le Conseil général de la Seine

La princesse de Cystria ne pense qu’à vendre et à lotir les 227 hectares. Mais le maire de Sceaux, Jean-Baptiste Bergeret de Frouville, parvint à alerter les élus du département de la Seine pour protéger ce parc historique aux portes de Paris. Le 11 août 1923, peu après la mort de sa mère, la princesse de Cystria vend le domaine au Conseil général de la Seine, se réservant le Petit château.