RENAUDIN Hugues Auguste

Hugues Auguste Renaudin, né à Paris le 3 février 1848, mort à Sceaux le 7 janvier 1914, est notaire et philanthrope.

Son père, Hugues Edme quitte sa Bourgogne natale pour venir s'installer comme marchand de vin à Paris, dans le quartier en pleine expansion de la Chaussée d'Antin, en compagnie de sa jeune épouse Marguerite Chaussé. Celle-ci l'aide dans son commerce et sait reprendre les rênes du foyer lorsque son époux décède d'une crise d'épilepsie, la laissant veuve à l'âge de trente ans avec deux fils dont l'aîné n'a pas dix ans : c'est Edme Jules qui sera plus tard connu sous le pseudonyme de Valentin le Désossé. Marguerite Renaudin saura donner le goût du travail à son benjamin et aussi le souci des autres. Bonne chrétienne, assez austère, elle sait partager une fortune durement gagnée, en soulageant les misères nombreuses dans le Paris de Louis Philippe après les terribles heures du siège de la Commune. Les résultats de cette éducation divergent selon les fils. L'aîné, Valentin le Désossé, sera danseur au Moulin Rouge. On raconte que Valentin arrivait de Paris à Sceaux à cheval voir son jeune frère à son étude notariale afin de lui réclamer quelques sommes pour ses bonnes œuvres... La voie poursuivie par le second fils Renaudin est plus traditionnelle. Après ses études de droit, Hugues entre chez un notaire parisien, devient premier clerc. Il arrive par la suite à Sceaux, accompagné de sa jeune épouse Marguerite en 1883. Le couple s’installe au numéro 5 de la rue des Ecoles où Maître Renaudin prend la succession de l’étude notariale d’Alphonse Dubost. Il exerce sa charge de notaire jusqu’à sa mort. Pendant cette trentaine d’années, il voit grandir et prospérer son étude dont le ressort géographique s’étend à Fontenay, Clamart, Vanves, Chatenay, Robinson et au Plessis Piquet. Le 18 juillet 1893, la vie de Maître Renaudin se brise avec le décès de son épouse à l’âge de 34 ans. Dès lors, avec le soutien actif de sa mère, il décide de consacrer, outre sa fortune personnelle, le surplus du produit annuel de l’étude aux orphelins et aux déshérités de la vie. Il y aura désormais deux hommes en Renaudin : le notaire et la philanthrope. "Secourir et soulager l'humanité souffrante depuis la naissance jusqu'à la mort"  devient sa devise.

 

A Sceaux

La Fondation Sainte Marguerite

Construite dans une propriété d’une superficie de 7 500 m² située entre la rue Picpus et la rue Voltaire, sur le plan de l’architecte Jacques Lequeux, la Fondation Sainte Marguerite est inaugurée et bénie le 8 décembre 1895 conjointement par l’abbé Celles, curé de Sceaux et Michel Charaire, maire de Sceaux.

La Fondation se compose de plusieurs bâtiments : l’hôpital-hospice d’une capacité de 36 lits, équipé d’une salle d’opération, d’une loge de gardien, une lingerie et donnant sur la rue Voltaire l’orphelinat.

La direction de l’ensemble est confiée aux religieuses des Filles de la Sainte Croix sous l’autorité d’une commission administrative.

A sa mort, Renaudin fait de la commune son légataire universel. En 1923 par décret du président Millerand, la Fondation est transformée en hôpital-hospice, cette même année il s’y crée une petite maternité. Depuis la Maison Renaudin a connu plusieurs extension : en 1954 avec l’adjonction de deux ailes au bâtiment principal et surtout en 1985 avec la construction d’un bâtiment supplémentaire.
Parallèlement, Maître Renaudin finance la création de la première crèche municipale en 1910, rue des Ecoles pour 18 enfants. Chaque année, il permet aux enfants des familles pauvres de partir en colonies en prenant à sa charge tous les frais.

Les jardins et pavillons ouvriers

En 1900, Maître Renaudin fait l’acquisition d’un terrain dans le quartier des Aulnes afin d’y constituer des jardins ouvriers, sur l’inspiration des idées de réformes sociales de la fin du XIXème siècle de l’abbé Lemire, fondateur de la « Ligue du coin de la terre et du foyer ».

Le terrain est divisé en 35 parcelles égales d’environ 150 m², chaque jardin est confié gratuitement à des familles ouvrières, chargées de famille, avec comme obligation d’être spécialement affecté à la culture maraîchère pour l’alimentation du foyer.

Une rente de 1 000 francs est par la suite affectée à l’entretien de l’oeuvre (achat de semences, d’outils, d’engrais...). Une fois par an, une commission venait inspecter les jardins et attribuait une médaille et un livret de caisse d’épargne à la famille dont le jardin était le mieux tenu.

Dans son testament de 1903, Maître Renaudin frappé par les logements insalubres qu’occupent les ouvriers, souhaite faire l’acquisition de terrain afin d’y construire des pavillons pour les reloger. La première maison voit le jour en 1905, elle est composée d’un rez-de-chaussée avec une salle commune et trois chambres ainsi que d’un vaste sous-sol servant de buanderie et de cave à charbon. Bâtie en meulière et en brique, cette maison répond aux prescriptions d’hygiène de l’époque en offrant de l’air pur, de la lumière et du soleil.

Douze maisons furent ainsi construites avant la mort de Renaudin. Dans le même esprit, Maître Renaudin crée « la dot terrienne ». Ce don de 300 francs, sur un livret de caisse d’épargne, allait à chaque jeune fille qui habitait ces maisons le jour de leur mariage.

Les œuvres extérieures

Mais là ne s’arrête pas la bienfaisance de Renaudin. Il multiplie les aides aux plus démunis ; il crée un sanatorium à Fresnes, la crèche Sainte Emilie à Clamart, il prend en charge les frais d’hospitalisation de nombreuses personnes dans tous les établissements médicaux du sud du département.

Pendant dix-sept ans, Renaudin met sa fortune au service des miséreux, en cela, il est représentatif de la bienfaisance et du mouvement social du début du siècle.

 > Hugues Renaudin, notaire et philanthrope